Référendum sur l'ASV

Je reproduit dans cette page le chaud débat sur la proposition de suppression de l'ASV par le Dr. Maudrux, entre Stéphane COLSON, délégué CARMF élu par nos suffrages et différents intervenants de la liste.


Stéphane Colson le 31 octobre 2000 :

Objet: [medi-ouest] le message de votre délégué de la CARMF

chers confrères,

Je suis allé le Samedi 25 et le dimanche 26 pour les exposés et les votes à la CARMF. J'ai donc quelques tuyaux à vous donner. Comme d'une communication on ne retient qu'un message voici celui du jour :

NOTRE COUVERTURE SOCIALE INVALIDITÉ DÉCÈS incluse dans nos cotisations carmf est très largement insuffisante (500 f par jour à partir du 91 eme jour) (invalitité: rien si on est encore capable de travailler à mi temps ou de passer la serpillière, peu si l'on est complètement invalide)

=> prendre en urgence si ce n'est déjà fait une assurance complémentaire auprès des assurances privées (du type : groupe médicale de france, agmf ,etc...)

La carmf va réfléchir à la possibilité d'une amélioration dans ce sens mais ses pouvoirs sont très limités car son statut n'est pas celui d'une assurance et se pose le problème de la déductibilité fiscale

votre délégué préféré : Dr Stéphane Colson qui reste à votre dispositions pour vos questions et vos soucis avec la CARMF

a+ pour les prochains bulletins


René Jarrousse le 31 octobre 2000

Objet: Re: [medi-ouest] le message de votre délégué de la CARMF

Bonsoir,

J'espère qu'effectivement tous nous avons pris conscience des lacunes de notre couverture sociale. Personnellement, depuis mon appendicite il y a une dizaine d'année, j'ai une complémentaire pour l'ITT dès le 1er jour associée à une complémentaire pour l'IPP à la MACSF, pour un tarif très abordable et déductible au titre de la loi Madelin.

Maintenant j'aimerais que Stéphane nous explique les positions du Président de la CARMF vis à vis de l'ASV, car elle est pour le moins surprenante, voire utopique. Il serait partisan de supprimer l'ASV et de demander à l'État de payer les prestations correspondantes et aux médecins de prendre une retraite par capitalisation à la place. Or c'est la CNAM qui paye la plus grande partie des cotisations d'ASV! Pavé dans la mare pour faire bouger les politiques qui bloquent le dossier ?

@+

RJ


François Gazeau le 31 octobre 2000

Objet: Re: [medi-ouest] le message de votre délégué de la CARMF

Merci pour tes conseils suivis depuis longtemps. Mais ton W.E.a du être épuisant.

.../... (partie lachement censurée par le weebmaster pour manquement à la net'iquette. J'espère que François ne m'en voudra pas ???)


Jean-Pierre Allain le 4 novembre 2000

Objet: [medi-ouest] fonds de pensions

En réponse à ceux qui prétendent que ces fonds de pension favorisent la recherche et l'investissement de demain :

)Bob Zider, " How venture capital works ", Harvard Business Review , novembre-décembre 1998.

AUDIT

A quoi sert le capital-risque ? Le capital-risque n'a pas pour vocation d'aider à la création d'entreprises innovantes. Contrairement à une croyance fort répandue, le capital-risque (venture capital en anglais) joue un rôle mineur dans les créations d'entreprises high tech . Conclusion signée Bob Zider, président de Beta Group, firme californienne spécialisée dans le développement et la commercialisation des nouvelles technologies(1). En 1997, sur les 10 milliards de dollars que le capital-risque a investis aux Etats-Unis, 600 millions seulement ont servi cet objectif, le reste allant à des entreprises ayant déjà fait leurs preuves. On le sait, un banquier classique ne financera une activité nouvelle que dans la mesure où il pourra adosser son prêt à des actifs réels. Or, dans l'économie immatérielle d'aujourd'hui, beaucoup de start-up de haute technologie ont peu ou pas d'actifs physiques. Quant aux marchés financiers, même si les seuils permettant d'y accéder ont été abaissés avec la création de marchés spécialement dédiés aux jeunes entreprises comme le Nasdaq, il faut que celles-ci puissent justifier d'un chiffre d'affaires d'au moins 10 millions de dollars. C'est cet espace, fait de sociétés non encore cotées ou à l'actif évanescent que le capital-risque vient irriguer. Mais il ne se hasarde guère à miser sur la création d'entreprises entièrement nouvelles. Ce risque maximum est en réalité, aux Etats-Unis comme ailleurs, pris principalement par les pouvoirs publics, par le moyen d'aides directes.

Pour fonctionner, l'industrie du capital-risque doit être capable d'offrir un retour sur investissement suffisant pour attirer les investisseurs. Il lui faut dégager une rentabilité à la mesure du risque encouru : sur cinq ans, typiquement de l'ordre de dix fois les montants investis. Les investisseurs dans les fonds de capital-risque sont de très grandes institutions comme les fonds de pension, les banques d'investissement ou les compagnies d'assurance. Il revient aux "venture capitalists" qui gèrent les fonds de trouver les " bonnes affaires ". Le défi est d'identifier les managers compétents sur des segments de marché porteurs. Des managers à la tête d'une entreprise déjà constituée, pas des candidats à la création d'entreprise.

SCIENCE ET ENTREPRISES


Jean-Pierre Allain le 4 novembre 2000

Objet: [medi-ouest] RE: [medito2] fonds de pensions credibles

Hé oui ! tout le monde n'est pas d'accord !

-----Message d'origine----- De : françois ROCHE [mailto:francois.roche@santenet.com]

Envoyé : jeudi 2 novembre 2000 22:55 À : medito2@egroups.com

Objet : [medito2] fonds de pensions credibles

On apprend dans le QDM de ce jour qu'à 75 % , les délégués CARMF ont répondu Oui à la question qui leur était posée par le Dr Maudrux : La piste de la suppression de l'ASV est elle crédible ? Crédible oui pour une bande de crédules que nous avons élus et qui sont censés nous représenter pour gérer notre système de retraite.

En réponse à leur crédulité et afin de les éclairer un peu je vous recopie un texte paru dans une publication du sud ouest, sorte de fanzine écolo-paysanne, qui s'appelle : Le grumeau . Coordonnées disponibles sur demande : L'article est signé Genevieve et elle y résume un livre fort intéressant que devraient lire les délégués Carmf avant de se livrer au dépeçage de notre retraite par répartition :

" LES RETRAITES AU PERIL DU LIBERALISME " Titre du livre écrit par un collectif avec la participation de syndicats qui nous éclaire sur les vrais enjeux des retraites et démonte point par point les faux arguments comme quoi les retraites par répartition seraient obsolètes et ne pourraient plus être honorées. (Edition SYLLEPSE, 50f) .

Pourquoi les fonds d'épargne retraite ? La réponse la plus évidente, la plus 'matérialiste' est qu'un certain nombre d'institutions y ont intérêt. Les pensions versées aujourd'hui représentent près de 1 100 Milliards de francs, somme énorme qui est supérieure au total des investissements des entreprises et des administrations. Cet argent échappe actuellement pour l'essentiel aux assurances, aux banques et plus largement aux institutions financières. Ces gens là sont puissants, ils façonnent l'opinion en menant des campagnes de 'lobbying' efficaces. Le montant des retraites par répartition est une décision politique. C'est donc l'objet de débats et de combats. Ce ne sont pas les marchés financiers qui décident du montant des retraites, c'est la société qui politiquement décide quelle est la part de la richesse produite qui doit aller aux retraites. Un système qui valorise le politique et l'exercice de la démocratie est intolérable pour les libéraux de tous poils.

Démographie : L'augmentation des personnes âgées sera en grande partie compensée par la baisse des jeunes. Il faudra simplement faire basculer les dépenses d'un secteur à l'autre . La charge des actifs augmentera également moins que certains le suggèrent dans les calculs avancés. De plus toutes les personnes en âge de travailler ne sont pas nécessairement actives. En 1995 : 1,23 inactifs pour 1 actif. En 2040 on passerait à 1,54 pour 1 actif, donc un ratio de 2,5 %. Avec le chômage massif en 1993, le rapport était de 1,59 ... Donc pourquoi ce qui a été possible dans le passé, serait-il inacceptable dans le futur ... De toute façon la capitalisation ne saurait résoudre le problème démographique, les retraites étant toujours une part de la richesse produite par les actifs. Les retraités devront vendre leurs actions pour se constituer une pension, faisant ainsi baisser les cours de la Bourse. Cette baisse sera d'autant plus sensible qu'il y aura moins d'actifs pour investir en Bourse. Bref la capitalisation d'aujourd'hui risque de préparer les krachs boursiers de demain ! Augmentation de la durée des cotisations. Si la retraite est plus tardive...résultat, pas d'embauche pour les jeunes... Ce qui est d'autant plus irréalisable, car seulement 1/3 des personnes qui arrivent à la retraite sont encore en situation d'emploi ... chiffre effrayant ! Autre argument avancé par les défenseurs des fonds de pension, serait le manque de financement pour les entreprises française, or ces dernières n'en ont pas besoin s'autofinançant à 120 % ! Les fonds à la française feraient comme les fonds anglo-saxons, seraient placés à l'étranger en exigeant une rentabilité immédiate et de haut niveau ? C'est toujours à court terme au détriment de l'investissement , penchant vers la rente plutôt que la production , avec l'inévitable compression de la masse salariale entraînant un déficit structurel de la demande et une 'financiarisation' accrue de l'économie. Passer d'un régime de répartition à la capitalisation est loin d'être évident et tout à fait antisocial! Le Chili et l'Argentine l'ayant fait , ce n'est guère concluant ... Au Chili , les cotisations du nouveau régime par capitalisation sont sur les marchés financiers et donc ne peuvent servir pour payer les retraites de l'ancien régime . L'état est donc obligé de financer sur le budget social les retraites actuelles au détriment de la Santé et de l'Education. L'Argentine a dévalué les retraites par répartition qui ne couvrent plus que 52,5 % des droits acquis ...

En conclusion , pourquoi être contre les fonds de pensions. Le problème des retraites tient au nombre des salariés ; donc pas de solution miracle avec les fonds de pension qui introduisent une insécurité, rien ne garantissant sur 40 ans la rentabilité actuelle des placements "financiers. Cela pourrait être bien uniquement pour les hauts salaires stables ... Le conflit déjà pressent entre actionnaires retraités et salariés serait renforcé. Tensions sociales accrues et soumission plus forte à la finance. Les fonds de pension échappent au politique puisque la régulation est confiée aux marchés, c'est à dire au bon plaisir des dieux ... Vont-ils bien réagir ? Prêtres et fidèles s'interrogent et font appel aux oracles des gourous de la finance. Là dans cette liturgie sacrificielle avec ses transes boursières indéfiniment retransmises sur les chaînes d'information, nous sommes au coeur de l'aliénation religieuse ... Il faut une intervention laïque contre le cléricalisme financier !!

GENEVIEVE d'après les retraites au péril du libéralisme.

Imaginez que les fonds Maudrux soient investis dans la générale de santé et que à la suite de la chute de la valeur unitaire des actions due à la situation de vendeur net des retraités qui en sont les principaux détenteurs et pour obtenir de bons taux de rémunération , ceux ci nouveaux patrons virtuels des cliniques qui embauchent la majorité des médecins depuis que la "Secu" a été privatisée , ils exigent une diminution des salaires pour améliorer les marges de rentabilité , ils seraient tout bonnement en train de scier la branche des cotisations assises sur ces mêmes revenus . Va expliquer ça à 75 % des délégués CARMF qui ne voient pour l'instant que le bout de leur portefeuille et leurs espoirs de piscine privée tomber à l'eau ! Pour l'instant ils sont tout à leur rêves crédules, malgré les secousses de la Bourse de Paris , le tremblement de terre du Nasdaq annonciateur du Krach qui se rapproche.et qui ne peut reculer que par la grâce des fonds de pension. Mais quand on aura fini de les vendre par correspondance jusqu'au dernier travailleur chinois, il faudra bien se résoudre à voir flamber nos retraites virtuelles dans le gouffre infernal du séisme boursier, qu'auront évité les plus gros à l'abri dans leurs tours d'ivoire immobilières et que nos fils au lieu de subvenir à nos besoins seront offerts comme chair à canon à la seule issue de ce type de catastrophe : LA GUERRE .

FR (40 ans )


Hervé Le Neel le 5 novembre 2000

Objet: Re: [medi-ouest] le message de votre délégué de la CARMF

Bonsoir,

Je partage les interrogations sur le sacrifice de l"ASV. Avant que d'en faire un instrument politique dans un poker où les joueurs sont particulièrement retors, il s'agit de prendre conscience que l'ASV est un ticket où on gagne déjà 200% au grattage, c'est à dire que les caisses abondent l'ASV à 2/3 lorsque nous en cotisons pour 1/3. Je ne sais pas s'il est parfaitement judicieux de jouer cette carte gagnante : on pourrait voir d'abord à sacrifier des cartes moins précieuses, non? Celà dit, si quelqu'un a un placement à 200% dans la salle, il peut lever la main.

Hervé LE NEEL


Stéphane Colson le 6 novembre 2000

Objet: [medi-ouest] ASV en déroute

C'est bien je vois que certains se préoccupent de la retraite !

voici quelques infos sur l'ASV

L'évolution de ce régime est en chute libre : les réserves cette année sont d'environ 1 milliard de francs ( c'est très peu = qlq mois), l'évolution dans les 10 ans à venir de 200 milliards de déficit.

Pourquoi ce déficit : car il y a eut des distributions gratuites de points de retraites et des achats de ceux ci en dessous de leurs valeurs. Faut il garder cette branche pourrie et cotiser à fond perdu ou s'amputer de celle ci pour garder notre capacité d'épargne pour d'autres supports de retraite? Plus la décision sera prise tôt moins les pertes seront grandes.

Il faut savoir que :

stéphane Colson délégué élu par vous à la carmf


René Jarrousse le 9 novembre 2000

Objet: Re: [medi-ouest] ASV en déroute

Bonsoir,

Si j'ai bien compris l'enjeu véritable de la suppression de l'ASV est de passer dans un système de retraite par capitalisation ! On sait que le gouvernement actuel ne veut pas en entendre parler et l'intervention récente de JP ALLAIN montre que la capitalisation prônée par les libéraux n'est pas la panacée universelle.

J'avoue ne pas bien saisir la notion de faillite du régime ASV : Au pire il y aurait déséquilibre qu'on peut toujours combler en agissant sur les différents leviers : montant des cotisations des médecins et des caisses (nos syndicats travaillent au niveau des caisses), et sur le montant des prestations voire de l'âge de la retraite et je ne parle pas de la compensation entre régime.

Une chose est sûre, changer le système ne changera pas le rapport entre cotisation et prestation, au contraire puisque les actifs d'aujourd'hui ne payeront plus pour les retraités de maintenant, mais pour les retraités qu'ils seront plus tard ! Qu'est ce qu'on fait pour les retraités actuels (en dehors de leur supprimer leur piscine) ? La question est donc : que voulons nous ? Une retraite par répartition ou par capitalisation ?

Mon avis est que la retraite obligatoire (y compris l'ASV) doit rester par répartition car tient de l'assurance et/ou de la solidarité. On peut parfaitement concevoir une retraite facultative par capitalisation pour jouer les veuves écossaises. Je ne crois pas non plus au risque boursier sur le long terme puisque les sorties du fond de pension seraient équilibrées par les apports des nouveaux cotisants, et il n'y a que les socialistes (et encore... tendance Chevènement ou Emanuelli) qui n'ont pas compris que la bourse est le meilleur placement à long terme, même en cas de crack boursier. J'arrête là car j'ai déjà été trop long et vous laisse réagir.

@+

RJ


Jean-Pierre Allain le 11 novembre 2000

Objet: RE: [medi-ouest] ASV en déroute

Ce qui risque d'arriver est le chose suivante :

Ceux qui auront fait pour beaucoup de la capitalisation pour leur retraite n'auront peut-être que ça à se mettre dans les poches lors de leur retraite : on leur dira qu'il suffit de regarder déjà ce qu'il vont toucher grâce à leur capitalisation. La répartition ne leur sera pas donné car il n'y en aura déjà pas beaucoup et pas pour tout le monde. Si bien que l'on dira contentez vous déjà de ce que vous avez. Par contre ceux qui n'auront pas pu pour des raisons diverses, comme les difficultés financières, ou même l'insouciance, voire le " jeanfoutisme " toucherons quand même la répartition.

Que faire ?

A+

JpAllain


René Jarrousse le 12 novembre 2000

Objet: Re: [medi-ouest] ASV en déroute

Bonjour,

Pourquoi donc la retraite par répartition serait elle supprimée, ou ne serait distribuée qu'aux indigents ? Que l'avenir proche annonce un déséquilibre des caisses de retraite est une évidence, mais pas de catastrophisme !

Il me semble qu'une de tes interventions récentes tendait précisément à développer l'idée que nous avons connu pire dans les années 90 en terme d'actifs sur inactifs. Nous avons payé pour nos enfants chômeurs, nos enfants enfin au travail, payeront pour leur parents retraités. C'est la conséquence quasi mécanique de la démographie : les baby-boomeurs prenant leur retraite, leurs enfants vont les remplacer au boulot. Même si la transition risque d'être périlleuse, on peut espérer que la reprise économique va atténuer les difficultés.

Le problème de l'ASV est d'une autre nature comme l'a souligné Stéphane Colson :

@+

RJ